Lundi 22 décembre 2008
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C'est un titre qui paraît bien curieux quand on pense au 9/11. Quel rapport ? Le rapport vient tout droit de la liberté qu'a un éditeur quant
au contenu des articles qu'il propose à ses lecteurs. Les définitions données doivent-elles correspondre à la réalité communément admise ou telle que ceux qui se sentent concernés par elle
souhaitent qu'elle soit présentée ?
Le prestigieux éditeur Mac Millan propose une encyclopédie des races et du racisme. Il va, par la force de choses, être confronté à la définition du sionisme. On sait que celle-ci est l'objet de
polémique,s les juifs étant eux-même très divisés, du fait qu'ils ont des origines différentes. Qui donc peut valablement définir le sionisme ? Un spécialiste du racisme ou un spécialiste du
sionisme. ?Il ne semble pas exagéré d'énoncer que définir suppose un recul, une capacité de distanciation et d'observation avec mise en perspective dont ne dispose pas nécessairement un
spécialiste du sionisme. Quoi qu'il en soit, l'éditeur a choisi comme auteur de cet article Noël Ignatiev. Cet universitaire, d'origine juive, est notamment connu pour son désir d'abolir la race
blanche, ou plus clairement de ne pas considérer la couleur de peau comme un déterminant autre que physique. Je suis blanche, et ne me sens aucunement offensée par cette position qui me semble
normale et saine. Mais pour être plus précise sur l'auteur, je reprends ces lignes sur planetenonviolence : "Le Dc Noel Ignatiev, professeur d'histoire américaine qui enseigne au Massachusets Collège Of Art est trés connu aux USA pour son appel à l'abolition du
concept de race blanche. Ignatiev est co fondateur et co éditeur du Journal "Race Traitor" et de la "New Abolitionist Sociéty". Il est également auteur d'un livre sur le racisme nordique contre
les immigrants irlandais " How The Irish Became White". Son journal Race Traitor milite en faveur de l'abolition de la race blanche en tant que système qui attache une importance sociale
déterminante à la couleur de la peau et le revendique pour servir ses interêts de classe définie sur une base raciale et pour dominer et exploiter toute personne n'appartenant pas à cette
catégorie. Bien évidemment militer pour l'abolition de la race blanche ne veut pas dire agir comme un Kux Kux Klan blanc mais oeuvrer à l'abolition de la catégorie sociale de race blanche sur
laquelle se sont construits les modèles de sociétés occidentales discriminatoires et racistes et les entreprises et guerres colonialistes. Le Journal Race Traitor sert de porte parole à tous ceux
qui ont décidé de se libérer de ce système qui reste pregnant dans nos sociétés occidentales et d'oeuvrer à la fois pour analyser ce phénomène sociétal et le combattre par des mesures pratiques
non violentes guidé par le principe qu'abolir ce principe de race blanche c'est être respectueux de l'humanité entière. "
Voici l'article qu'a écrit sur le sionisme Noël Ignatiev, tel que traduit sur le blog de Mounadil Al Djazaïri :
"SIONISME
Le sionisme est le mouvement politique créé pour favoriser l’établissement d’un Etat juif. Il est basé sur l’idée que les Juifs, où qu’ils vivent, constituent un
même peuple. Il s’est développé en Europe à la fin du 19ème siècle en réaction à un climat de montée du nationalisme et du sentiment anti juif, notamment dans les régions sous l’autorité du tsar,
où vivait le plus grand nombre de Juifs, mais aussi en France où l’affaire Dreyfus avait montré l’ampleur de l’hostilité envers les Juifs, même dans une démocratie moderne où, par comparaison,
ils étaient assimilés. Parce qu’il définit le Juif non par son observance religieuse, par une langue, un lieu de naissance ou une culture mais par son lignage, le sionisme est une idéologie de la
race.
Pour beaucoup des premiers sionistes, l’emplacement du futur Etat était sans importance ; parmi les régions envisagées figuraient l’Argentine et l’Ouganda. Le
premier congrès sioniste mondial, organisé par Théodore Herzl et réuni en 1897 à Bâle en Suisse, opta pour la Palestine afin de s’appuyer sur la tradition religieuse selon laquelle à l’arrivée du
messie, les Juifs seront rassemblés là bas et que le royaume de Dieu sera accompli pour l’ensemble de l’humanité.
La Palestine moderne En 1868 13 000 Juifs vivaient en Palestine qui comptait alors environ 400 000
habitants ; en majorité c’étaient des pèlerins aidés par des œuvres caritatives étrangères. En 1882, le baron Français Edmond de Rothschild, combinant philanthropie et investissement, commença à
soutenir des colons juifs d’Europe orientale amenés en Palestine pour établir un système agricole sur le modèle de ce que les Français avaient mis en place en Algérie. Vers 1895, le nombre de
juifs était passé à 50 000 ; ils parlaient le yiddish, l’arabe, le persan, le Géorgien et d’autres langues. L’hébreu était une langue liturgique que personne ne pratiquait dans la vie
quotidienne. En 1907, les Juifs étaient seulement 80 000 pour une population totale de 700 000 habitants.
En 1917, Lord Balfour, ministre Britannique des affaires étrangères, à la recherche de soutiens pour l’effort de guerre britannique au cours de la première
guerre mondiale, fit une déclaration exprimant de la sympathie avec les démarches pour établir un foyer national juif en Palestine, alors sous contrôle britannique. Il annonçait également
souhaiter qu’un tel foyer national ne lèse pas les intérêts de la majorité arabe. Les sionistes s’emparèrent de cette déclaration, l’interprétant comme signifiant un soutien à un Etat juif. A
l’époque de la déclaration Balfour, les Juifs représentaient moins de 10 % de la population et possédaient 2,5 % du sol de la Palestine.
Le problème de la construction d’une société juive au milieu d’une écrasante majorité non juive sera connu sous l’expression de « conquête de la terre et du
travail. » Les sionistes créèrent une société, le Jewish National Fund (JNF), qui achetait des terres au nom du peuple juif. Le JNF ne louait ces terres qu’à des Juifs qui n’étaient pas autorisés
à les sous louer. Les baux du JNF prohibaient spécifiquement le recours à de la main d’œuvre non juive sur les parcelles lui appartenant. Dans certains cas, quand la terre avait été acquise
auprès de gros propriétaires absentéistes, les agriculteurs Arabes qui résidaient et travaillaient sur ces terres étaient expulsés. La démarche d’instauration d’un monopole juif s’étendit à
l’industrie et les sionistes créèrent une institution, l’Histadrout, pour organiser les travailleurs Juifs et exclure les Arabes de la compétition avec eux sur le marché du travail.
Malgré ces politiques et les encouragements du gouvernement britannique, pendant les trente ans qui suivirent la déclaration Balfour la majorité des Juifs dans
le monde manifestèrent peu d’empressement à s’installer en Palestine. Entre 1920 et 1932, seulement 118 000 Juifs s’établirent en Palestine, moins de 1 % de la population juive mondiale. Même
après l’ascension d’Hitler, les Juifs européens n’optèrent pas pour la Palestine. Sur les 2,5 millions de Juifs qui fuirent l’Europe entre 1935 et 1943, à peine 8,5 %, environ 200 000 personnes
vinrent en Palestine. Près de deux millions se rendirent en Union Soviétique, 182 000 aux Etats-Unis et 67 000 au Royaume Uni – en dépit de quotas d’admission stricts dans ces deux derniers
pays.
Les restrictions britannique et étatsunienne sur le nombre de Juifs admis à immigrer coïncidaient avec la politique sioniste énoncée par David ben Gourion, le
premier chef de gouvernement d’Israël : « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants d’Allemagne en les amenant en Angleterre, et seulement la moitié en les emmenant en Eretz
Yisrael [le pays d’Israël], alors j’opterais pour la deuxième alternative. Car nous devons tenir compte non seulement de la vie de ces enfants mais aussi de l’histoire du Peuple d’Israël »
(Brenner 1983, pp. 149 – 150). La politique d’attacher plus d’importance à l’instauration de l’Etat d’Israël qu’à la survie des Juifs (ce qui était cohérent avec le rejet de l’assimilation par
les sionistes) conduisit les sionistes à collaborer avec les nazis (avec qui ils partageaient la conviction que les Juifs étaient une communauté raciale basée sur le sang) pour promouvoir
l’émigration juive en Palestine.
LA NAISSANCE D’ISRAEL Le triomphe du sionisme fut rendu possible par l’existence de
millions de réfugiés à la fin de la seconde guerre mondiale, au maintien des restrictions sur l’immigration aux Etats-Unis et au Royaume Uni ainsi qu’à la sympathie que s’étaient attirés les
Juifs en tant que victimes des persécutions nazies. Après l’annonce par la Grande Bretagne en 1947 de son intention d’abandonner son contrôle sur la Palestine, les Nations Unies votèrent pour
diviser la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe – accordant à l’Etat juif 54 % du territoire en dépit du fait que les Juifs ne possédaient pas plus de 7 % des terres. Malgré l’immigration
de 75 000 Juifs en Israël entre 1945 et 1978, les Juifs restaient minoritaires dans le pays. Avant même la proclamation de l’Etat d’Israël, les sionistes avaient commencé à expulser les habitants
arabes. L’attaque contre Deir Yacine en avril 1948, au cours de laquelle des forces paramilitaires sionistes sous le commandement du futur premier ministre israélien Menahem Begin, massacrèrent
plus de 250 civils Palestiniens, adressant aux autres le message qu’ils auraient intérêt à partir, est le meilleur exemple de la manière dont le transfert de population a été réalisé. Certains
fuirent les bombardements aériens britanniques en appui direct aux Israéliens. Dans la guerre qui s’ensuivit, les forces sionistes entraînées et équipées par les Britanniques et d’un complément
d’armement venu d’autres pays purent facilement l’emporter sur les forces surclassées en nombre et en équipement de Jordanie, d’Egypte et de quatre autres pays qui avaient déjà accepté la
partition de la Palestine.
A la fin de la guerre, les sionistes contrôlaient plus de 80 % de la Palestine et plus de 750 000 Arabes avaient été expulsés de chez eux. Ces gens et leurs
descendants sont constitutifs du problème des réfugiés Palestiniens – un quart de l’ensemble des réfugiés de la planète. Malgré les demandes répétées de l’ONU pour qu’ils soient autorisés à
rentrer chez eux, le gouvernement israélien a refusé.
La fondation de l’Etat d’Israël a signifié la destruction par les sionistes de près de 400 villages arabes. Dans un célèbre discours devant les étudiants de
l’Institut Israélien de Technologie d’Haïfa en 1969, Moshe Dayan, ministre Israélien de la défense de 1967 à 1974, avait déclaré :
"Des villages juifs ont été bâtis à la place des villages arabes. Vous ne savez même pas les noms de ces villages arabes et je ne vous le reproche pas car les
livres de géographie n’existent plus. Non seulement les livres n’existent plus mais les villages arabes n’existent plus. Nahial a surgi à la place de Mahlul ; Kibboutz Gvat à la place de Jibra ;
Kibboutz Sarid à la place de Huneifis et Kebar Yehusha à la place de Tal al-Shuman. Il n’existe pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’avait pas antérieurement une population arabe
(Davis 1987, p. 108).
Le premier recensement de l’Etat d’Israël, réalisé en 1949, dénombrait 650 000 Juifs et 150 000 Arabes. La base juridique d’un Etat racial repose sur deux lois
adoptées l’année suivante. La première, la Loi du Retour, permettait à tout Juif, de n’importe où dans le monde, d’avoir le droit d’immigrer en Israël et d’en acquérir la citoyenneté. La seconde
fut la loi sur les biens des absents qui confisquait les possessions des Arabes qui ne résidaient plus sur la terre dont ils étaient propriétaires. Les réfugiés Arabes vivant à l’intérieur
d’Israël furent qualifiés de « présents absents » avec interdiction de revenir dans leurs propriétés. Ceux qui tentèrent de le faire furent désignés comme des « infiltrés, » et certains furent
tués au cours de ces tentatives. Les terres confisquées sont depuis devenues des terres domaniales israéliennes louées seulement à des Juifs et représentent la grande majorité des nouvelles
colonies juives.
L’Etat d’Israël n’appartient pas, même en théorie, à ceux qui résident sur son territoire, mais a été défini par les juridictions israéliennes comme étant «
l’Etat souverain du peuple juif, » où qu’il se trouve. En cohérence avec cette conception de soi, l’Etat n’a jamais défini ses frontières ni même déclaré l’existence d’une nationalité
israélienne.
AVANTAGES RESERVES AUX JUIFS EN ISRAEL Selon le droit israélien, toute personne née d’une mère Juive
est Juif, sauf conversion de cette personne à une autre religion. Le raisonnement qui amène cet écart par rapport à la loi judaïque est que ce genre de personnes affaiblit l’identité nationale
juive à cause de leur tendance à se marier en dehors de la communauté juive. En même temps, l’Etat d’Israël désireux d’augmenter le nombre d’habitants loyaux, à étendu le droit au retour à des
personnes qui ne sont pas de mère juive mais ont un lien avec l’identité juive par le mariage ou par transmission par filiation paternelle. Ce genre de personnes est enregistré comme étant « sous
observation. » De plus, quelques individus ont obtenu le statut de Juif après conversion au judaïsme et reconnaissance officielle de leur
conversion. En Israël, Juif est une identité assignée. Parmi les avantages associés à ce statut, outre le droit à l’immigration et à l’acquisition de
terres ; se trouvent la citoyenneté, l’accès au logement, les possibilités d’accès à l’éducation et à l’emploi, la participation à la vie politique et un traitement préférentiel par le système
judiciaire.
Citoyenneté. Les Juifs qui immigrent en Israël deviennent automatiquement citoyens. Les Arabes qui veulent la citoyenneté doivent satisfaire à un certain nombre de conditions, à la
discrétion au final, du ministère de l’intérieur. Ceci s’applique également aux Arabes nés dans ce qui est maintenant Israël pour ceux qui ont résidé ailleurs, quelle que soit la durée de cette
résidence. Les non citoyens Arabes qui épousent des citoyens reçoivent seulement un statut de résident, pas la citoyenneté. Comme un universitaire l’avait affirmé, « la citoyenneté n’est presque
jamais accordée à des non Juifs» (Adalah 1988, pp 24 – 28).
Logement. Le gouvernement israélien pratique ouvertement la discrimination pour le logement. La cour suprême a statué
qu’un Arabe qui voulait acquérir une maison dans un logement dans un quartier juif devait en être empêché par la voie légale sur la base que les appartements avaient pour fonction d’aider les
Juifs à surmonter les effets de la discrimination au cours du mandat britannique. Les taux d’intérêts subventionnés par le gouvernement sont au moins inférieurs d’un tiers pour les Juifs que pour
les non Juifs. Les autorités restreignent le développement des villes arabes en leur refusant les permis d’extension tandis que des permis sont accordés à des villes juives peu peuplées. Des
permis de construire sont couramment refusés aux Arabes et des obstacles sont mis en travers du chemin des Arabes quand ils cherchent à construire des maisons. Sur 429 localités désignées comme
zones de priorité nationale A selon la loi de planification et de construction, seules quatre sont arabes. En conséquence, les Arabes ont été contraints de vivre dans des secteurs surpeuplés
d’agglomérations mixtes et dans des villes non reconnues ne disposant pas de services de base comme l’eau courante, le tout à l’égout ou l’électricité. Les habitants de ce genre d’endroits vivent
sous la menace constante d’être expulsés et de voir leurs maisons démolies.
Education et politique familiale. Le pays gère ce qui est pour l’essentiel un système scolaire ségrégé. Des écarts
significatifs existent entre les écoles juives et arabes à tous les niveaux, de l’école primaire à l’enseignement supérieur. Le ministère de l’éducation exerce un contrôle sur le curriculum des
écoles juives non religieuses et arabes tout en accordant l’autonomie aux écoles religieuses juives. Le curriculum, même dans les écoles arabes, met l’accent sur l’histoire et la culture juives
et ignore l’histoire et la culture des indigènes palestiniens. Comme les Arabes ne servent pas dans les forces armées, ils ne sont pas éligibles pour des avantages financiers comme les bourses,
les prêts et les allocations familiales accessibles à ceux qui servent dans l’armée. La Cour Suprême a cependant statué que le paiement de subsides à des étudiants Juifs qui fréquentent des
écoles religieuses et sont exemptés de service militaire, tout en les refusant à des étudiants Arabes qui ne font pas l’armée, n’était pas discriminatoire.
Emploi. L’Histadrout est née en tant que combinaison d’une union syndicale et d’une société coopérative pour les
travailleurs Juifs. Pendant des années elle fut l’institution dominante de la société israélienne et a servi de base populaire pour le parti travailliste au pouvoir. Ces dernières années, avec
l’évolution de l’économie israélienne, l’Histadrout a perdu en importance mais son héritage demeure puisque les travailleurs Juifs dominent dans les secteurs avancés de l’économie tandis que les
travailleurs Arabes constituent une couche inférieure. De plus les travailleurs Arabes sont de plus en plus souvent remplacés pas des Thaïlandais ou des Philippins, partiellement en raison du
renforcement de la résistance palestinienne.
Participation à la vie politique. Aucun parti qui conteste l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif n’a le droit de
participer aux élections. Il est même contraire à la loi d’arborer des signes ou de chanter des hymnes d’organisations antisionistes. De plus, les grands partis ont pris clairement position pour
qu’aucune coalition ne dépende du soutien de la communauté arabe (qui représente 20 % de la population), et aucune décision relative à l’avenir de l’Etat juif ne peut être adoptée sans une
majorité juive au parlement. De la sorte, la minorité non juive est empêchée non seulement d’essayer de contourner son statut de seconde classe par des moyens parlementaires, mais même de mettre
son poids dans la balance quand l’opinion juive est divisée.
Le système judiciaire. L’Etat ne fournit pas d’informations comparatives sur les sentences infligées aux Juifs et aux
Arabes convaincus d’actes criminels, mais l’examen des archives judiciaires montre de grandes disparités dans les condamnations comme dans les inculpations. Les tribunaux israéliens ainsi que la
Cour Suprême ont statué avec constance que la discrimination entre Arabes et Juifs était légitime compte tenu de la création d’Israël en tant qu’Etat pour les Juifs. Dans un dossier
caractéristique, un colon Juif avait été condamné pour avoir tué un enfant Arabe. Le juge l’avait condamné à une peine de prison de six mois avec sursis assortie d’un travail d’intérêt général.
En réponse aux critiques, le juge avait déclaré, «C’est une erreur que de demander au nom de l’égalité, un même résultat et des sentences égales pour deux contrevenants qui ont des nationalités
différentes et qui enfreignent les lois de l’Etat. La sentence qui dissuade l’un ne dissuade pas l’autre et sa communauté (Adalah, pp. 17-21).
Les types de discrimination susmentionnés s’appliquent à l’intérieur de ce qu’on appelle la « Ligne Verte » - qui délimite l’Etat d’Israël à sa fondation
en 1948. En 1967, Israël a occupé Jérusalem Est, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza, restaurant l’intégrité territoriale de la Palestine qui avait été une unité
administrative des siècles durant, d’abord sous les Ottomans puis par la suite sous mandat britannique. Après 1967, le système d’administration militaire mis d’abord en place en 1948, et qui
avait été partiellement levé à l’intérieur d’Israël en 1966, fut imposé sur le reste de la Palestine qui fut ouvert à la colonisation juive avec des aides financières de l’Etat pour les
colons.
Au début du XXIème siècle 500 000 Juifs résident en Cisjordanie. Ils vivent dans des cités fortifiées entourées de soldats et bénéficiant de leurs propres
services collectifs et qui sont reliées à un réseau routier réservé aux Juifs. Les villes et villages arabes sont isolés les uns des autres par des centaines de check points et des routes sur
lesquelles les Arabes n’ont pas le droit de circuler. En 2002, le gouvernement israélien, invoquant le besoin d’assurer sa sécurité intérieure a commencé à construire une structure d’une dizaine
de mètres de haut en béton et en barbelés qui sinue à travers la Palestine historique. Si en théorie cette barrière devait suivre la Ligne Verte (sauf à Jérusalem Est annexée officiellement par
Israël), elle a donné l’occasion d’une nouvelle expansion de la colonisation juive. En 2003, le commandement militaire de la Cisjordanie a signé un ordre selon lequel toutes les terres situées
entre ce mur et la Ligne Verte étaient interdite à tous à l’exception des citoyens Israéliens.
LA DEMOCRATIE EN ISRAEL Depuis la fondation de l’Etat d’Israël, ses défenseurs ont eu du mal à
concilier la réalité d’un Etat juif avec une conception de la démocratie. Certains ont traité le problème en rejetant la démocratie comme un but pour les non Juifs. Parmi eux on trouve Ariel
Sharon qui devint premier ministre en 2001 ; Sharon avait affirmé, « Nos grands parents ne sont pas venus ici pour bâtir un Etat démocratique. Ils sont venus pour bâtir un Etat juif. » D’autres
ont nié la contradiction en insistant sur le caractère à la fois juif et démocratique de l’Etat. Pour ces personnes, l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie a posé de nouveaux problèmes
idéologiques : si les Arabes qui vivent à l’intérieur de l’Etat d’Israël, où ils représentent 1/5 de la population, peuvent être considérés comme des citoyens de seconde zone, les 3,5 millions
d’Arabes qui résident dans les territoires occupés après 1967 doivent être considérés comme une population sans Etat dépourvue de droits et de représentation politique.
Sous la pression de critiques internes et de l’opinion internationale, les autorités sionistes ont accepté le principe d’un Etat séparé sur une partie de la
Palestine historique. Le problème est devenu alors de maximiser la superficie qui fera partie de l’Etat juif tout en réduisant au minimum le nombre d’indigènes Palestiniens à l’intérieur. A cette
fin, les autorités sionistes ont continué à étendre la colonisation juive (pour conforter leurs revendications de terres supplémentaires dans l’anticipation d’un accord) tout en évinçant les
indigènes Palestiniens, en détruisant des villages et en rendant la vie difficile pour ceux qui restent sur place. d Les autorités se sont, depuis,
retirées de Gaza, une bande de terre de 360 km2 où résident 1,4 million d’indigènes Palestiniens, essentiellement des réfugiés de 1948 ou 1967 et leurs descendants. Elles ont retiré 7500 colons
Juifs (1,7 % de l’effectif total des colons dans les territoires occupés par Israël après 1967), mais ont laissé la région encerclée de clôtures de barbelés électrifiés et de tours de
surveillance. L’ensemble de la circulation et du commerce vers et à partir de Gaza est contrôlé par Israël de même que l’espace aérien et les ressources en eau. Il existe même des plans pour une
clôture maritime qui donnerait à Israël le contrôle total de la frontière maritime. Auteur : Noel IGNATIEV, traduit de l'anglais par Djazaïri
Il se trouve que l'AJC s'oppose à la publication de cet article depuis le mois d'octobre.
Personnellement, je n'ai pas la compétence requise pour valider chaque période étudiée, et mon propos est simplement de questionner. En quoi un lobby a-t-il le droit de s'opposer à la publication
d'un texte quel qu'il soit ? Qu'il le critique une fois publié, qu'il l'invalide, soit. Mais depuis quand des universitaires devraient-ils se faire donner leur ligne de conduite par un lobby ? Je
n'ai jamais entendu parlé d'un cas similaire concernant un autre groupe. Par contre, j'observe que cette attitude rejoint très précisément ce que décrivent John Mearsheimer et Stephen Walt, et dont se plaignent nombre de juifs tels Tony Judt ou Uri Avnery.
L'information est relayée par alterinfo qui s'en émeut à juste
titre. On peut notamment lire dans l'échange de correspondance qui eut lieu entre l'éditeur et l'AJC ou American Jewish Committee ces reproches "Cette prétention à une banale neutralité est scandaleuse, » affirme harris. « Les éditeurs ont l’absolue responsabilité de présenter les faits et non de
les distordre de sorte à enjoliver et à promouvoir des mythes. "
Comment les lire sans penser immédiatement à Shlomo Sand, et à son travail sur l'absence de toute recherche disponible sur l'exil et donc sur le retour qui, pour le coup, ne seraient que des
mythes ?
Shlomo Sand peuple
envoyé par Mediapart
Shlomo
Sand dans géostratégie
Dans le Monde diplomatique
Ces recherches sont évidemment intéressantes, quand on subit de façon récurrente les attaques d'antisémitisme dès lors qu'on touche au 9/11, au point de ne
pouvoir que questionner l'implication du lobby sioniste sans laquelle cette défense n'aurait aucune raison d'être.
Le fait est que l'omerta règne sur le livre d'Avraham Burg : "L'holocauste, c'est fini".
J'ai posté une vidéo présentant un face à face entre Elie Barnavi et lui, sans
mettre un mot sur Elie Barnavi. J'ai en effet été très choquée par plusieurs de ses réflexions, notamment par l'allégation qu'il existerait une tendance à habiller les débats idéologiques
dans "les oripeaux du sionisme" ce que je perçois comme infiniment mensonger. J'avais déjà observé cette tendance chez William Goldnagel et Frédéric Encel face à Michel Collon. Pour un peu, le conflit
Israëlo Palestinien aurait eu une importance toute relative. Comme si nous étions à un moment où le 9/11 étant de plus en plus questionné, et de façon congruente entre les différents corps
de métiers qui s'attachent à démontrer l'impossibilité de la version officielle, il devenait urgent de réduire en apparence cette influence d'Israël, dont on se targuait hier.
Or l'échange existant entre l'American Jewish Committee et l'éditeur Gale Mac Millan se situe dans ce contexte et me semble à cet égard très révélateur.