J'ai posté ce texte ailleurs, je le reprends ici parce que, sans rentrer dans ce qui s'est passé entre Madame Bleitrach et Monsieur Bricmont, ça a permis, il me
semble de poser de façon très claire l'état de la situation générale. Nombre de juifs sont opposés au sionisme, et comme le dit Jean Bricmont, ils ont aussi besoin de l'appui de non juifs qui
dénoncent l'instrumentalisation parfaitement abusive de l'antisémitisme pour éviter toute critique d'Israël. Encore maintenant après tous ces morts palestiniens, on évoque ce génocide comme
réplique. De qui se moque-t-on ? Qui a, à partir d'une décision que l'ONU n'était pas
habilitée à prendre littéralement volé la terre des palestiniens, les a affamés, leur a fait subir tout ce qu'on sait avec la complicité internationale ? Je crois que dorénavant,à peine
j'entendrai évoquer ces tirs de roquettes, je tournerais les talons. C'est faire injure à la dignité humaine. Mais on le sait, les mots parfois sont insuffisants à dire :
Réponse à Mme Bleitrach.
BRICMONT Jean
On a porté à mon attention un article de Mme Bleitrach (*) dans lequel on peut lire :« Regardez, les chrétiens d’occident se taisent devant le martyre palestinien mais comme ils se sont tus toujours et partout devant les génocides de la colonisation, devant le nazisme, il y a eu les communistes pour sauver l’honneur comme le dit la prière d’Abraham devant Sodom, dix justes… Mais déjà certains cherchent les coupables de ce silence : Est-ce parce qu’ils seraient bloqués seulement par le souvenir de la Shoah ? C’est la thèse que soutient quelqu’un comme Bricmont, alors il faut les débloquer en insuflant [sic] la haine du juif…. »
Insuffler la haine du juif est, pour autant que je sache, un délit (je suis opposé à ces lois « antiracistes » en ce qui concerne la liberté d’expression, mais ces lois existent). Accuser quelqu’un d’un délit qu’il n’a pas commis est de la diffamation.
Je n’appelle évidemment pas à « insuffler la haine du juif » ; je voudrais bien voir ce qui, dans ce que j’ai réellement écrit, permet une telle affirmation. Je ne
pense pas non plus que le silence relatif des non-juifs sur la Palestine soit dû au seul souvenir de la shoah (dont, après tout, les non-juifs actifs politiquement aujourd’hui, c’est-à-dire nés
après la guerre ou enfants durant celle-ci, ne sont nullement responsables), mais bien à son instrumentalisation et, surtout, à la menace permanente d’accusation d’antisémitisme qui pèse sur tous
les non-juifs qui osent s’exprimer sur ce sujet.
Pour ce qui est du fond de l’article, Mme Bleitrach s’en prend à un texte (disponible sur http://petras.lahaine.org/articulo.php ?p=1768&more=1&c=1) de James Petras, sociologue américain très engagé à gauche et très
critique de l’action du lobby sioniste aux Etats-Unis. Mme Bleitrach accuse James Petras de parler du « juif Obama » ; cette expression ridicule ne vient pas de Petras, mais d’un certain Abner
Mikva, ancien conseiller de Bill Clinton, qui a dit que « Barack Obama est le premier président juif » . L’article de Petras est consacré à l’idée, mise en avant par certains milieux sionistes
américains et illustrée par cette phrase, que ce sont eux qui ont « créé » Obama. L’idée vient de ces milieux (dont on appréciera au passage l’arrogance, non dénuée de racisme envers un Noir
incapable de se « créer » lui-même) et non de Petras. Il me semble que les non-juifs ont encore le droit de citer des juifs, même lorsque ceux-ci disent des absurdités.
Quant au silence « toujours et partout » des « chrétiens d’Occident » (je suppose que cette expression désigne la majorité de la population de nos pays, même si celle-ci est loin de se définir
avant tout comme chrétienne) devant les génocides et autres atrocités, l’insulte frôle le racisme (Las Casas était chrétien). Mais, laissant de côté le passé, on ne peut que constater aujourd’hui
que le discours en Occident est rempli de dénonciations de génocides et d’atrocités « toujours et partout ». Les médias et les personalités politiques accablent de leurs critiques le Venezuela,
Cuba, le Soudan, l’Iran, le Hesbollah, le Hamas, la Syrie, l’Islam, la Serbie, la Russie ou la Chine. On n’hésite pas même devant les plus grossières exagérations. Sauf sur Israël. Sur ce sujet,
les médias, les hommes et les femmes politiques, les journalistes et les rédactions savent qu’il faut faire preuve de la plus extrême prudence, et surtout éviter toute critique trop « radicale »
d’Israël.
Pourquoi ? Pour le savoir, prenons un journaliste, un homme politique ou un éditeur, enfermons-nous avec lui dans une pièce où il peut vérifier qu’il n’y a ni caméra cachée ni micro, et
demandons-lui s’il dit publiquement tout ce qu’il pense vraiment d’Israël et, s’il ne le dit pas (à mon avis, la réponse la plus probable), pourquoi se tait-il ? A-t-il peur de nuire aux intérêts
des capitalistes en Cisjordanie ? D’affaiblir l’impérialisme américain ? Ou encore, de risquer d’affecter les cours ou les flux du pétrole ? Ou a-t-il au contraire peur des organisations
sionistes, de leurs poursuites et de leurs calomnies ?
Ma conviction, après des dizaines de discussions avec des personnes d’origine non-juive, est que la bonne réponse (la dernière) est évidente. On tait ce qu’on pense de l’Etat qui se dit "Etat
juif" de peur d’ëtre traité d’anti-juif et d’être assimilé aux antisémites du passé. Et cette crainte est renforçée lorsqu’un certain nombre de personnes de gauche anti-sionistes d’origine juive,
comme Mme Bleitrach, poussent la "vigilance" jusqu’à la calomnie et participent ainsi au mécanisme d’intimidation. Les non-juifs critiques d’Israël ne savent plus alors à quel saint se vouer
(cette expression étant utilisée dans un sens métaphorique et non comme signe d’attachement au christianisme occidental).
Il me semble évident que la libération de la Palestine (quelle que soit la forme qu’elle prenne) dépend de la libération de la parole non-juive sur Israël et sur son traitement du peuple
palestinien. Les antisionistes juifs à eux seuls, même les plus dévoués, n’arrivent pas à contrebalancer le poids des organisations sionistes qui exercent une influence considérable dans les pays
occidentaux, en brandissant constamment l’accusation d’antisémitisme.
Il est certain qu’aucune personne d’origine juive ne doit être victime de l’antisémitisme. Mais il est tout aussi vrai que les personnes qui ne sont pas d’origine juive ne doivent pas se sentir
sans cesse menacées par cette épée de Damoclès qu’est l’accusation d’antisémitisme. Les accusations sans fondement, comme celles lancées ici, surtout quand elles proviennent de juifs
antisionistes, renforcent la menace et, par conséquent, le "silence" que prétend déplorer Mme Bleitrach. Au moment où le peuple martyr de Palestine souffre d’agressions sionistes redoublées, il
me semble qu’il y a plus urgent à faire que de traquer "l’antisémitisme", surtout là où il n’y en a pas.
Jean Bricmont
(*) voir http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/ [...] html"
http://www.legrandsoir.info/spip.p [...] #reactions
J'ai commencé un deuxième blog, et dès le départ, j'y expérimente la même chose que dans celui-ci, qui est d'une bassesse et d'une lâcheté sans nom. Tout le monde sait maintenant que la moindre critique des actes d'Israël implique de se faire traiter d'antisémite. C'est classique, basique, on connaît tous ce que décrit si bien Shulamit Aloni, ancienne Ministre Israélienne :
Si l'accusation d'antisémitisme était pertinente, il y aurait tout lieu de se demander pourquoi les blogs opposés au sionisme se font hacker. Il y a là une
nouvelle preuve des mensonges à répétition. Je ne peux quasiment pas faire un texte sans voir changer le formatage, avoir du mal à sélectionner, voir le texte disparaître, ne pas pouvoir utiliser
une fonction standard. Tout cela signe une immaturité grave, permise par les
élus qui ne s'opposent en aucune façon à ce que les systèmes d'exploitation vendus d'office avec les machines soient poreux. C'est un choix. Il est techniquement possible
d'avoir des machines inviolables, et c'est connu depuis dix ans. Le fait est que ce n'est pas appliqué, et que le hacking est là comme un révélateur de la quantité de choses qu'Israël a à cacher,
et des mensonges pathologiques sur lesquels cet état est fondé. A titre d'illustration de ce qu'on est censé taire :
1- les chantages exercés pour obtenir des votes à l'ONU en 1947 :