Le docteur Khouidmi vient de rentrer de Gaza où il a été dépêché dès les premières heures de l’agression israélienne. Médecin responsable au sein du Croissant-Rouge algérien des catastrophes, il est spécialisé dans les situations de guerre.
Le Dr Khouidmi nous reçoit en lançant : “Nous avons ramené un peu de phosphore blanc avec nous. J’en ai ramené un sachet avec moi. Les gens pensaient que c’était du sable.” Le sourire disparaît et le docteur commence à se remémorer : “Que Dieu nous préserve, avec tout ce qu’on a pu avaler là-bas. Une fois, j’ai dû ausculter un blessé à deux heures du matin, sans gants. Je sens toujours des picotements dans mes mains.”
C’est le 9 janvier, c'est-à-dire au lendemain de l’autorisation délivrée par les autorités égyptiennes et 11 jours avant le cessez-le-feu, que le Dr Khouidmi et
son collègue ont traversé le passage de Rafah. Ils étaient en contact, dès les premières heures du conflit, avec leurs homologues du Croissant-Rouge palestinien.
“Dès qu’on a traversé la frontière, quatre F16 de l’armée israélienne ont commencé à bombarder la bande frontalière.”
Emmené à l’hôpital Nasser de Khan Younes, le Dr Khouidmi, au regard de sa formation de médecin de guerre, a été vite orienté vers l’hôpital Chifa de Gaza-ville qui recevait le plus grand nombre de blessés. Sur place, il découvre une situation catastrophique : pas d’eau, pas de courant électrique, ni vivres. L’hôpital conçu pour recevoir 400 patients comptait plus de 1 000 blessés, avec un manque criant en médicaments.
De par son expérience dans les conflits armés, le Dr Khouidmi fut désigné pour diriger les urgences de l’hôpital Chifa et orienter les blessés vers l’ensemble des services de l’hôpital. Il sera sollicité dès les premières heures pour prendre en charge les blessés qui ne cessaient d’affluer vers l’hôpital.
“J’ai découvert qu’il y avait des lésions étranges que je n’ai jamais vues auparavant. Deux faits ont attiré mon attention : sur les cadavres, dès qu’on ouvrait
la peau, la chair commençait à brûler et dégageait une odeur ressemblant à celle de l’ail. Au niveau du bloc opératoire, quand les victimes sont admises et quand on ouvre l’abdomen, les
organes internes commencent à brûler et une odeur s’en dégage. Nous avons fait des recherches et nous nous sommes aperçus qu’il y avait un produit chimique qui produisait cet effet : le
phosphore blanc. Nous avons dû ajuster le traitement des brûlés, en faisant appel au lait et au bicarbonate de sodium, car l’eau et l’huile accéléraient la dégradation du tissu.”
Mais ce n’est pas tout, le Dr Khouidmi parle de l’utilisation de l’uranium : “L’armée israélienne utilisait des missiles antipersonnel qui explosaient juste à
la surface, à hauteur de 50 centimètres, ce qui entraîne l’amputation des membres inférieurs. Ces blessés, une fois arrivés au bloc, et après quatre heures d’intervention chirurgicale,
l’amputation est faite, la plaie suturée, le malade est admis au service de réanimation. Au bout de deux ou trois heures, rebelote, c’est la plaie qui s’ouvre et c’est l’hémorragie qui tue la
victime. Nous avons conclu qu’il y avait présence d’uranium dans ces missiles. Nous avons eu deux ou trois blessés qui en sont morts.
Après, nous avons dû réajuster notre thérapie.” Le Dr Khouidmi n’est pas resté au stade du constat. Avec des collègues palestiniens, jordaniens et égyptiens,
ils ont alerté l’opinion publique internatio-nale : “Nous avons mis une semaine pour préparer un dossier solide, avec toutes les preuves nécessaires quant à l’utilisation par l’armée
israélienne d’armes non conventionnelles ; nous avons organisé sur place une conférence de presse dans laquelle nous avons annoncé cela et nous avons saisi officiellement par écrit le Comité
international de la Croix-Rouge pour diligenter une commission d’enquête composée d’experts neutres pour faire les investigations, confirmer nos dires et présenter les résultats d’enquête à
qui de droit”.
Sa première mission à Gaza était de désengorger l’hôpital Chifa où convergeaient la plupart des victimes des attaques israéliennes en les orientant vers
d’autres établissements de la région. Sa seconde mission fut la prise en charge des victimes de cette agression. Mais sa mission était également celle d’un témoin : “Nous avons
été chargés de dire la vérité à la communauté internationale quant à la violation par l’armée israélienne des droits humanitaires internationalement reconnus.”
Le Dr Khouidmi avoue n’être jamais sorti de l’hôpital depuis son arrivée à Gaza. “L’armée israélienne n’a épargné ni staff médical ni secouristes. Deux jours
avant le cessez-le-feu, un missile a touché neuf jeunes de la Protection civile palestinienne, dont six ont été amputés des membres inférieurs. Ils ont même atteint l’hôpital El-Qods,
appartenant au Croissant- Rouge palestinien. J’étais obligé de négocier avec le délégué du CICR l’arrêt des combats pour permettre aux secours de se déplacer à l’hôpital El-Qods qui est à 2
kilomètres de l’hôpital Chifa. Tous les médecins de ce dernier hôpital voulaient partir porter secours à leurs collègues de l’hôpital El-Qods. Au bout des négociations, nous avons pu évacuer
30 blessés de l’hôpital El-Qods, dont une femme qui venait de subir une césarienne de 4 heures”.
Le Dr Khouidmi affirme que les bombardements se déroulaient à 60 mètres de l’hôpital Chifa. “Une fois, ils ont bombardé le siège du syndicat des infirmiers qui
se trouve à 30 mètres de mon lieu de travail”.
De retour au pays, Dr Khouidmi n’est pas encore remis de ce qu’il a vu et vécu à Gaza.
Déjà choqué par les images diffusées par la télévision aux premières heures de l’agression israélienne, il a été touché par les marques de solidarité du peuple algérien vis-à-vis de ses
frères palestiniens, notamment des jeunes. “Je suis allé représenter ces jeunes et tout le peuple algérien”, dira-t-il avant de nous livrer ses sentiments sur ce qui l’a le plus touché durant
sa mission à Gaza. D’abord une image négative : “celle d’un père serrant ses deux enfants. Les trois étaient morts calcinés. Ils ont été atteints par un missile alors qu’ils circulaient en
voiture”.
Ensuite, une image positive : “Dieu merci que je suis parti. Les Palestiniens ont un très bon moral. C’est un peuple brave qui aime le peuple algérien. Un jeune
de 22 ans m’a ramené une panoplie de livres sur l’Algérie. Il les réunit depuis l’âge de six ans. À chaque fois, les Palestiniens me rappellent que nous sommes le peuple du million et demi de
martyrs. Ils sont convaincus que si nous étions leurs voisins, cela fait longtemps qu’ils auraient prié à la mosquée El-Aqsa d’El-Qods”.
Nous quittons le Dr Khouidmi et le laissons finir ses démarches pour envoyer davantage d’équipes du Croissant-Rouge algérien, notamment des psychologues pour apporter un soutien aux enfants
de Gaza.
Certains historiens affirment que les journalistes sont les vassaux du pouvoir.
Pour Lorenzo Cremonesi, le qualificatif me semble justifié.
J'ai commencé un deuxième blog, et dès le départ, j'y expérimente la même chose que dans celui-ci, qui est d'une bassesse et d'une lâcheté sans nom. Tout le monde sait maintenant que la moindre critique des actes d'Israël implique de se faire traiter d'antisémite. C'est classique, basique, on connaît tous ce que décrit si bien Shulamit Aloni, ancienne Ministre Israélienne :
Si l'accusation d'antisémitisme était pertinente, il y aurait tout lieu de se demander pourquoi les blogs opposés au sionisme se font hacker. Il y a là une
nouvelle preuve des mensonges à répétition. Je ne peux quasiment pas faire un texte sans voir changer le formatage, avoir du mal à sélectionner, voir le texte disparaître, ne pas pouvoir utiliser
une fonction standard. Tout cela signe une immaturité grave, permise par les
élus qui ne s'opposent en aucune façon à ce que les systèmes d'exploitation vendus d'office avec les machines soient poreux. C'est un choix. Il est techniquement possible
d'avoir des machines inviolables, et c'est connu depuis dix ans. Le fait est que ce n'est pas appliqué, et que le hacking est là comme un révélateur de la quantité de choses qu'Israël a à cacher,
et des mensonges pathologiques sur lesquels cet état est fondé. A titre d'illustration de ce qu'on est censé taire :
1- les chantages exercés pour obtenir des votes à l'ONU en 1947 :